Catégorie : Mineur·e·s non accompagné·e·s

Le Conseil d’État lève les obstacles à la scolarisation des jeunes étranger·ère·s de plus de 16 ans

En mai 2019, la Cour administrative d’appel de Paris avait dû rappeler au ministre de l’Éducation nationale, à la suite d’un refus d’affectation scolaire concernant un mineur isolé, que le droit à l’instruction trouve à s’exercer « même dans le cas où l’enfant, âgé de plus de seize ans n’est plus soumis à l’obligation scolaire ».
Le ministre s’était pourvu en cassation devant le Conseil d’État, en estimant qu’aucun texte n’imposait à ses services de scolariser tous les jeunes étrangers et toutes les jeunes étrangères de plus de 16 ans qui en font la demande.
Contrairement à ce qu’à soutenu l’Éducation nationale tout au long de cette affaire, la scolarisation des enfants étrangers ayant dépassé l’âge de l’instruction obligatoire n’est pas laissée à sa libre appréciation, que ce soit en fonction des décisions de prise en charge des services de l’aide sociale à l’enfance pour les mineur·es isolé·es ou des places disponibles dans les dispositifs d’insertion pour les enfants allophones.
En se fondant sur les dispositions du code de l’éducation garantissant à chacun le droit à l’éducation (art. L. 111-1) et le droit à la formation scolaire de tout enfant (art. L. 111-2), le Conseil d’État a rejeté le pourvoi du ministre en considérant « que la circonstance qu’un enfant ait dépassé l’âge de l’instruction obligatoire ne fait pas obstacle à ce qu’il puisse bénéficier d’une formation adaptée à ses aptitudes et besoins particuliers ».
Il a aussi jugé à cette occasion que le doute émis par un département concernant l’âge d’un·e jeune isolé·e sollicitant une mesure de protection de l’enfance ne constituait pas un motif suffisant pour refuser sa scolarisation.
Les refus de scolarisation de jeunes étrangers et étrangères fondés sur ce type de considération sont nombreux. Le Ministre doit respecter le droit à la formation de tous les enfants, sans distinction, et donner les instructions nécessaires à ses services pour qu’ils cessent leurs pratiques illégales.

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Mineur·e·s non accompagné·e·s : accueillir et soigner des enfants exilé·e·s

Le Centre de Formation au travail sanitaire et social vous invite à une soirée d’échanges sur le thème de l’accueil des MNA.
Cette soirée animée par Mme Laurence GAUZAN (Directrice du pôle ASE du Conseil départemental de la Dordogne) et par Mme la Docteur Claire MESTRE (Psychiatre-psychothérapeute au CHU de Bordeaux) se déroulera :

Jeudi 10 février 2022, de 18h à 19h30, en visio-conférence

Soirée gratuite et ouverte à tous.
Réservation obligatoire à : cef.formationscontinues@johnbost.fr

Une assistance juridique aux mineur·e·s non accompagné·e·s proposée par Médecins Sans Frontière

Une fois n’est pas coutume, c’est une association de médecins et pas des moindres, qui apporte une aide juridique à une population vulnérable !
Le Village de la Justice a été interpellé par l’action mise en place par l’association Médecin sans Frontière pour venir en aide aux mineur·e·s non accompagné·e·s (MNA) sur le plan sanitaire et psychologique bien sûr, mais également sur le plan juridique.
L’entretien avec Ludivine Erragne (ancienne avocate, chargée du plaidoyer juridique de la Mission France pour le programme MNA) est également l’occasion pour MSF de porter un message d’alerte sur la situation de ces jeunes auprès des professionnel·le·s du droit et des institutions et de faire part de leur plaidoyer juridique en faveur de la reconnaissance d’une présomption de minorité.

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Mineurs isolés : tout savoir sur votre prise en charge à votre arrivée en France

(article de mars 2019, réactualisé en 2021)
À quoi faut-il s’attendre lorsqu’on est un·e mineur·e étranger·ère isolé·e arrivant en France ? Comment entamer une procédure de prise en charge, être accompagné·e, logé·e ?
Environ 17 000 mineur·e·s isolé·e·s sont pris·e·s en charge par la France chaque année. InfoMigrants fait le point sur la procédure à suivre pour faire reconnaître sa minorité sur le sol français.

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Dans l’Yonne, un lieu d’accueil et d’apprentissages pour les MNA

Dans le petit village de Saint-Sérotin, dans le département de l’Yonne, le lieu de vie de l’association Pollen existe depuis 2006. Il accueille des mineur·e·s non accompagné·e·s (MNA) et leur enseigne le français.
Chaque lieu de vie est destiné à un public en particulier. Celui-ci est destiné exclusivement à des jeunes étranger·ère·s, non accompagné·e·s, et qui ne parlent pas ou très peu le français. Or c’est toute l’urgence de leur situation, comme l’explique François Conan, le fondateur de ce lieu de vie : « Un jeune qui arrive après 16 ans doit prouver avant ses 18 ans qu’il a intégré une formation qualifiante depuis au moins six mois. Mais quand certains ne parlent pas du tout la langue, c’est très court. » Les jeunes entament donc un apprentissage accéléré du français.

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